BALLAKE SISSOKO

Né en 1967 à Bamako, au Mali, l’auteur, compositeur et chanteur, Djéli Moussa Sissoko aka Ballaké est un virtuose de la kora, un improvisateur né et un fin mélodiste. Fils du korafola Djélimady Sissoko, originaire de la Gambie et membre fondateur de l’Ensemble Instrumental du Mali, Ballaké opère des rencontres musicales mémorables, avec notamment le koraïste Toumani Diabaté (Nouvelles Cordes anciennes), le bluesman Taj Mahal, Driss El Maloumi et Rajery, virtuose de la valiha (Projet 3MA ), le compositeur italien Ludovico Einaudi (Diario Mali), Yann Tambour alias Stranded Horse (Thee, Humbling Tides), le violoncelliste Vincent Segal (Chamber Music, At Peace). Il a reçu le 29 Novembre 2012 le Grand Prix de l’Académie Charles Cros pour son album At Peace.

 

Ballaké Sissoko et Mama Draba

 

A la mort de son père en 1981, Ballaké Sissoko reprend l’Ensemble Instrumental du Mali et se produit pour la première fois en France en 1984, à l’invitation de la Fondation Raoul-Follereau. Par la suite, Ballaké Sissoko signe sous son vrai nom Djélimoussa Sissoko ou Jeli Moussa Cissoko (Djéli Moussa Sissoko) deux opus demusique mandingue acoustique de kora, Kora Music From Mali (1997 - Fuego) et Mali Kora (1998 - Cinq Planètes). En 2000, il crée son groupe, Mandé Tabolo, composé de sa femme Mama Draba (chant), Fasséry Diabaté (balafon), Adama Tounkara (ngoni) et Aboubacar Dembelé (bolon). Ensemble, ils enregistrent la même année Déli, un album de musique mandingue acoustique (afro-folk ou tradi-moderne), dont trois titres interprétés par son épouse : “Détigiou”, “Da Monson” et “Lan Banba”.

 

Ballaké Sissoko et Toumani Diabaté

 

Le 22 septembre 1997 au Palais des Congrès de Bamako, Ballaké Sissoko et Toumani Diabaté enregistrentNew Ancient Strings - Nouvelles cordes anciennes (sorti en 1999), rencontre de deux korafolas (joueurs dekora) qui se définissent alors à la fois comme les héritiers de la plus pure tradition et comme les chefs de file d’une nouvelle vague de koraïstes virtuoses et novateurs. New Ancient Strings - Nouvelles cordes anciennesest aussi un hommage à leurs pères Djélimady Sissoko et Sidiki Diabaté qui avaient enregistré en 1970 Cordes Anciennes, un album consacré à l’histoire de leur instrument de prédilection. Quant à l’opus Deli (2000), c’est entièrement consacré au répertoire mandingue, tandis que Diario Mali (2003) est une collaboration entre le compositeur et pianiste italien Ludovico Einaudi et le koraïste malien.

 

Rencontres diverses

 

L’album Tales of the Kora (2004) réunit des figures emblématiques de la kora de Gambie->1602], du Sénégalet du Mali dont Toumani Diabaté, Kandia Kouyaté, Djéli Moussa Diawara et bien sûr Ballaké Sissoko. Sorti en 2005, Tomora, nom d’un accord de la kora et d’un village, est un voyage à travers les styles d’autres ethnies du Mali et des pays voisins, comme les Peuls ou les Songhaï… En 2008, il participe à l’enregistrement deProjet 3MA, un disque réunissant trois virtuoses des cordes africaines, Ballaké Sissoko et sa kora, Driss el Maloumi et son oud et Rajery et sa valiha, une initiative du label belge Contre Jour. La même année, paraîtThee, un dialogue de koras enregistré un an plus tôt à Paris avec le français Yann Tambour alias Stranded Horse. Ballaké Sissoko poursuit ses explorations musicales avec Chamber Music (2009), une œuvre fine et classique, rencontre sobre et épurée entre cordes mandingues et délicatesse du violoncelle classique de Vincent Segal, suivi, en 2011, d’une collaboration avec le compositeur, guitariste et joueur de kora français Yann Tambour alias Stranded Horse (Humbling Tides).

 

Ballaké Sissoko et Vincent Segal : "Musique de nuit"

 

Le 4 septembre 2015, Ballaké Sissoko et Vincent Segal récidivent en sortant chez No Format ! Musique de nuit, un croisement des cordes pincées de la kora du Malien et celles frottées (ou pincées) du violoncelle classique du Français. En prélude à la sortie de l’album, paraît un premier single, "Passa Quatro", un morceau dédié au musicien brésilien Ivan Vilela, compositeur, arrangeur, chercheur, virtuose de la viola et professeur à l’École des Arts et de la Communication (Université de São Paulo). Quant à "Diabaro", le duo a invité la chanteuse malienne Babani Koné qui apporte son style griottique "djéli mandéka" de Ségou chanté en bamana. “Samba Tomora” est un appel à la danse tandis que “Prelude” au beat classique fait penser au pianiste jazz américain Bill Evans. 

En 2016, Ballaké Sissoko et Vincent Segal sont nominés aux Victoires de la Musique en France pour l’albumMusique de nuit qui sortira sur support vinyle le 19 février de la même année.

 

Grand prix de l’Académie Charles Cros

 

En 2012, celui qui exprime ses sentiments par les mélodies et non par les doigts réalise At peace,, un album résolument mandingue, enrichi de quelques sons du brésilien Asa Branca (Luiz Gonzaga) et des touches de violoncelle de Vincent Segal, complétés par les jeux d’Aboubacar “Badian” Diabaté et Moussa Diabaté aux guitares et de Fasséry Diabaté au balafon. Cet album a reçu le Grand prix de l’Académie Charles Cros le 29 Novembre de la même année.